Ports de Strasbourg : un projet stratégique porté par 200 millions d’investissements

Claire Merlin, directrice générale des Ports de Strasbourg & Jean-Luc Heimburger, président de la CCI Alsace Eurométropole
―© 128 dBSTRASBOURG
Claire Merlin a fait ses armes chez Voies navigables de France, puis au port de Marseille, où elle a notamment piloté les orientations d’aménagement du port. Elle fixe le cap : « Un port, c’est d’abord une entreprise, mais également un espace ouvert et un outil au service du développement économique et des politiques publiques. Nous avons l’ambition de partager la vision du développement des Ports de Strasbourg avec ses parties prenantes : l’État et les collectivités territoriales, les clients dont notamment les opérateurs du transport, les gestionnaires d’infrastructures, les salariés et représentants du port et des 500 entreprises implantées sur les 1100 hectares du port, les acteurs du monde économique. Mais il manquait un espace pour en débattre. C’est pour cela que nous avons créé le Conseil Consultatif de Développement en janvier 2024.
Quatre axes stratégiques
Depuis, grâce aux travaux en ateliers et séminaires de notre conseil d’administration, de nos équipes et du Conseil Consultatif de Développement, nous avons construit un projet stratégique autour de quatre axes : la décarbonation des activités portuaires, le développement de la multimodalité, l’intégration et l’investissement dans le territoire, l’action concertée autour d’un collectif expert, agile et engagé. Ce projet s’appuie sur un ambitieux plan d’investissement de 200 millions d’euros sur dix ans. Cela veut dire doubler nos projets d’investissements annuels ! Nous avons déjà des investissements lourds en cours, par exemple à Lauterbourg avec le développement de la capacité du terminal à conteneurs et la finalisation de la ZAC, où nous allons accueillir une usine de raffinage de lithium pour batteries qui devrait générer 250 emplois.
Une concertation des entreprises
« La CCI est impliquée de longue date dans les Ports de Strasbourg, nous y siégeons au conseil d’administration », explique Jean-Luc Heimburger. « J’étais moi-même vice-président du port aux côtés de Catherine Trautmann et lorsque la nouvelle présidente, Anne-Marie Jean, et sa directrice générale, Claire Merlin m’ont proposé de présider le Conseil Consultatif de Développement, je n’ai pas hésité un instant. Les entreprises avaient besoin d’un espace pour parler du développement de leurs activités, de la production de valeur ajoutée dans la zone industrialo-portuaire, de la transition vers les nouvelles mobilités qui les concerne au premier chef et bien sûr de leurs engagements environnementaux. Le réseau de chaleur R-PAS au Port de Strasbourg est exemplaire. Il valorise la chaleur fatale des sites industriels Blue Paper et Trédi pour produire l’équivalent de la consommation de 30000 logements et alimenter la clinique Rhéna, le siège des Ports de Strasbourg, les Malteries Soufflet et l’école du Port du Rhin. Notre collectif a plus qu’un simple rôle consultatif. Il est aussi force de proposition pour faire progresser le port au service du développement économique et de la création d’emplois pour tout le territoire métropolitain. Aujourd’hui, les ports ont la capacité de plus en plus rare d’accueillir de nouvelles implantations d’entreprises, à l’image de Viridian à Lauterbourg, mais aussi d’engager d’indispensables collaborations transfrontalières. Les Ports de Strasbourg partagent ainsi une stratégie commune autour de cinq piliers avec le port de Kehl et travaillent avec six autres ports du Rhin Supérieur, dans le cadre du projet Interreg CRANE (Climate Resilience and Adaptation Network), pour déployer une démarche de résilience climatique.
Un port, c’est d’abord une entreprise, mais également un outil au service du développement économique.
L'entreprise
Ports de Strasbourg
1 rue du Port du Rhin à Strasbourg
03 88 21 74 74
strasbourg.port.fr
Fiche d'identité
- création : 1926
- 2ème port fluvial français
- dernier port autonome de France
- 8 sites et 100 km de façade fluviale
- 7 millions de tonnes de marchandises par voies fluviale et ferroviaire
- 350 000 conteneurs EVP
- 300 000 passagers
- 200 salariés, dont 50 à Batorama
- 32 millions de chiffre d’affaires