Marques, labels, certifications

Le Made in Alsace en étendard

Engagement sociétal, éthique sociale, performance économique, responsabilité environnementale, ancrage régional : les entreprises alsaciennes visent l’excellence et l’exemplarité à tous les niveaux. Reste à le prouver. Marques, labels et certifications sont là pour ça ! Mais de quoi s’agit-il exactement ? Tour d’horizon de ces signes extérieurs de vertu si précieux pour l’image, la croissance et l’attractivité des entreprises de notre région.

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Parmi les sites labellisés Alsace Excellence figure également l’Hôtel Spa La Chenaudière à Colroy-la-Roche.

Parmi les sites labellisés Alsace Excellence figure également l’Hôtel Spa La Chenaudière à Colroy-la-Roche.

© Pierre Pommereau

Fabriquer en Alsace, une nouvelle arme de compétitivité économique ? De nombreuses entreprises s’y emploient et affichent leur ancrage régional en étendard, au même titre que leur savoir-faire historique, leur engagement environnemental ou leur éthique sociale. Elles disposent pour cela d’une identification forte : la Marque Alsace. Portée et développée par l’Adira, l’Agence de développement d’Alsace, elle intègre quatre axes stratégiques : rendre visible, fédérer et activer, qualifier et enfin faire consommer alsacien. Le succès de la Marque Alsace est incontestable : 12000 partenaires, 29000 ambassadeurs et 2500000 fans sur les réseaux sociaux. Ses déclinaisons constituent le nec plus ultra du Made in Alsace : « Savourez l’Alsace », « Fabriqué en Alsace », « Savourez l’Alsace - Produit du Terroir ». Ces labels permettent aux consommateurs d’identifier les produits des entreprises régionales. Parmi elles, des grands noms de l’industrie alsacienne comme la Brasserie Météor, les Pâtes Heimburger, les Cafés Sati ou encore les Foies Gras Feyel, la distillerie Meyer, Pierre Schmidt, Fortwenger, Alélor, Arthur Metz, Boehli et Burgard.

Traçabilité et circuits courts

Consommer local semble devenu une évidence. Et ces marques du Made in Alsace ne se contentent plus des rayons de la grande distribution. Elles s’invitent aussi dans les assiettes de la restauration collective. L’Association pour la Promotion et le Développement des Marques Alimentaires Alsaciennes (ADPMAA) a lancé une dynamique forte pour encourager l’intégration des produits locaux dans la carte des restaurants d’entreprises et de collectivités. Viandes et charcuteries, fruits et légumes, pâtes d’Alsace IGP, condiments, épices ou encore bières, cafés, eaux : les salariés ont davantage accès à une alimentation locale. Traçabilité et circuits courts sont au cœur de ces labels sectoriels qui garantissent l’origine d’un produit. Mais ces distinctions ne se limitent pas au domaine agroalimentaire. L’Adira, en première ligne sur ces démarches de valorisation du Made in Alsace, est aussi à l’initiative de la marque employeur territoriale « Bien en Alsace ». L’engagement de l’entreprise se concrétise par la signature d’une charte autour du parcours collaborateur. Susciter des vocations, former juste, générer des candidatures, intégrer et accueillir les salariés, fidéliser et faire grandir les talents sont les piliers de cette marque lancée en 2024 qui souligne l’attractivité des entreprises alsaciennes.

D’abord une démarche d’amélioration continue

Côté commerce, le label « Commerçant d’Alsace », porté par la CCI Alsace Eurométropole et la Marque Alsace, valide la qualité de l'accueil d'un magasin, les conseils et les services rendus aux clients. « C’est une nouvelle marque déposée l’an dernier qui remplace le label Qualité Accueil, rappelle Cyrielle Haag, conseillère référente à la CCI Côté commerce, le label « Commerçant d’Alsace », porté par la CCI Alsace Eurométropole et la Marque Alsace, valide la qualité de l'accueil d'un magasin, les conseils et les services rendus aux clients. « C’est une nouvelle marque déposée l’an dernier qui remplace le label Qualité Accueil, rappelle Cyrielle Haag, conseillère référente à la CCI Alsace Eurométropole. Notre valeur ajoutée, c'est l'accompagnement du commerçant dans l'évaluation de son magasin en rapport avec le référentiel. Cette phase de pré-diagnostic est essentielle car elle va déterminer les pistes d’amélioration à apporter avant de lancer l’audit et les visites de clients mystères. Ce label inscrit avant tout le commerçant dans une démarche de progrès continu. » Dans le secteur du tourisme, le label Clef Verte fait aujourd’hui référence. Hébergements touristiques ou restauration, il s’agit du premier label de tourisme durable qui évalue sept critères différents qui vont de la formation du personnel à la gestion de la ressource en eau en passant par les achats responsables et la sensibilisation de la clientèle à l’environnement et au cadre de vie. La CCI Alsace Eurométropole est en charge d’auditer les établissements de tourisme candidats au label Clef Verte.

De l’ordre dans un marché pléthorique

Enfin, s’il est un secteur où la certification a permis de remettre de l’ordre dans un marché pléthorique et opportuniste, c’est bien celui de la formation et notamment de l’apprentissage. La loi du 5 septembre 2018 pour la libéralisation de l’offre d’apprentissage a entraîné un fort développement des organismes de formation créant une multiplicité de choix et une hyper-concurrence. La création du référentiel Qualiopi permet de certifier la qualité des formations, d’assurer une meilleure lisibilité de l’offre en apportant plus de clarté et de transparence. Face à des consommateurs plus avertis, objectifs et responsables, les entreprises ont donc tout à gagner à s’inscrire dans ces démarches qualité. Certes, cela suppose d’agir dans le temps long, d’accepter d’être audité et de traduire cet engagement en actes concrets. Mais l’argument marketing lié à ces mentions est souvent déterminant. Selon un récent sondage Ifop, 74 % des consommateurs se disent prêts à payer plus cher pour un produit fabriqué localement.

En chiffre

5000 Plus de 150 entreprises alsaciennes sont engagées dans une démarche « Savourez l’Alsace » et « Savourez l’Alsace - Produit du Terroir ». Et près de 5 000 références sont estampillées de ces marques alimentaires

NORMES, CERTIFICATION, LABELS : QUELLES DIFFÉRENCES ?

Le jargon désigne différents outils qui permettent d’évaluer, de valider et de rendre publiques les démarches des entreprises en matière de conformité et de qualité. Cela concerne leur offre de produits et services, leur système de gestion et leur RSE (responsabilité sociétale et environnementale). L’usage indifférent des termes peut entraîner la confusion. Pourtant, par définition, les notions sont distinctes. Les normes sont des règles et se réfèrent à la loi. En principe, ce type de réglementation est obligatoire. En pratique, certaines se contentent de fournir un cadre à titre informatif. Les normes ISO, par exemple, sont d’application volontaire. La certification est la procédure qui permet d’authentifier une démarche et d’obtenir un titre. La certification se fait sur la base du volontariat. Le titre permet de prouver que l’entreprise respecte les exigences imposées par le référentiel ou plus souvent qu’elle les dépasse. Un label est une marque apposée sur un produit pour en certifier l’origine, la qualité ou encore la conformité. Les labels sont facultatifs. Ils attestent que l’entreprise atteint des objectifs spécifiques, plus contraignants que les normes.

Publié le 11 juill.