ENTREPRENEURIAT

Matt Pokora : chanteur et entrepreneur

L'interprète de "Robin des Bois" a plusieurs cordes à son arc ! À la fois chanteur, mais aussi entrepreneur, il a investi 300 000 euros dans le club de basket de la SIG Strasbourg et est copropriétaire de cinq "Pasta Corner" en France et aux Etats-Unis.

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Matt Pokora réaffirme son attachement à sa région natale, en entrant au capital de la SIG Strasbourg.

Matt Pokora réaffirme son attachement à sa région natale, en entrant au capital de la SIG Strasbourg.

© DR

Vous avez participé, cette année encore, à la Foire aux Vins de Colmar. Entre la FAV et vous, c’est une grande histoire d’amour ?

Il s’agit de ma troisième participation et de la dernière scène de ma tournée « Epicentre Tour » qui célèbre mes 20 ans de carrière. À l’époque en 2001, mon frère Julien, qui avait assisté au concert du groupe de rock Scorpions, m’avait parlé de ce festival. J’avais alors été impressionné par la qualité de la programmation, qui n’a pas fléchi depuis, et par les têtes d’affiche présentes. Évidemment, quand j’ai commencé ma carrière, il a fallu que j’attende presque dix ans pour faire ma première Foire aux Vins. Comme quoi, c’est quelque chose qui se mérite ! J’étais très fier en 2012 d’y participer pour la première fois. Ça représente pour moi à la fois une fierté et un accomplissement.

Vous avez investi 300 000 euros dans le club de basket-ball de la SIG Strasbourg. Qu’est-ce qui vous a incité à devenir actionnaire de ce club en particulier et quel rôle y jouez-vous ?

C’est avant tout mon attachement au club de ma ville natale, qui a guidé ce choix. J’avais ouï dire qu’il était un peu en difficulté. Contrairement au foot, où il est vain d’espérer redresser un club sans un chèque de dizaines de millions d’euros, je sentais que je pouvais être utile à la SIG avec un investissement certes plus modeste. Le basket français en général et strasbourgeois en particulier ne suscite pas la même ferveur qu’aux États-Unis. Grâce à ma culture du spectacle et du divertissement, je m’efforce d’améliorer l’expérience spectateur, tout l’aspect visuel, dans la manière de présenter le basket au public. Je trouvais excitant de pouvoir endosser ce rôle de « directeur artistique », de pouvoir faire bouger les lignes, en changeant le logo, en participant au design des maillots, en modernisant la décoration murale du Rhénus Sport, en réinventant l’animation avant et pendant le match, avec les moyens dont nous disposons. Je n’ai pas la prétention de tout révolutionner, mais d’insuffler une nouvelle énergie.

Quel est le concept du comptoir-restaurant de pâtes fraîches « Pasta Corner » cofondé avec Vincent Benoliel ?

« Pasta Corner » reprend les codes des « food courts » aux États-Unis, différents petits corners de restauration sur place ou à emporter réunis dans un même lieu. Nous avons ouvert notre premier restaurant, en 2021, au Farmers Market de Los Angeles, qui est le food market le plus fréquenté de Californie. Nos pâtes fraîches faites maison le jour-même ont rencontré un vif succès. Puis, nous nous sommes implantés à New-York sur la 53ème rue, un emplacement idéal entre la Cinquième Avenue et Madison Avenue, juste à côté du musée d’art moderne et du Rockefeller Center. La chaîne s’est ensuite développée en France avec un établissement à Paris inauguré en novembre 2022 et un à Lille en mai 2024. C’était un peu un rêve de gosse de pouvoir entreprendre aux USA. Je trouve ça génial pour un petit de Strasbourg comme moi, d’avoir ouvert un restaurant dans la ville qui ne dort jamais : c’est magnifique !

Quel parallèle pouvez-vous dresser entre le métier d’entrepreneur et celui de chanteur ?

Dans les deux cas, c’est un art, mais aussi une passion à 360°, qui comprend beaucoup de paramètres inhérents au statut de chanteur populaire. Mon nom est devenu en quelque sorte une marque, qu’il faut savoir gérer et particulièrement aujourd’hui avec l’essor des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Arriver à remplir les plus grandes salles implique des responsabilités et des sollicitations de marques. Le tout est de savoir faire bon usage de cette notoriété, en prenant le recul nécessaire et en dissociant l’homme de l’artiste.

Vous avez reçu le Trophée du rayonnement international lors des Trophées Alsace Export organisés par la CCI le 18 juin dernier. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

C’est toujours une immense fierté de recevoir un tel prix, qui prend d’autant plus une saveur particulière quand il est remis « à la maison ». À chaque fois que je regarde en arrière, je vois le chemin parcouru. Je reviens dans ma région natale avec mon bagage et ce que j’ai accompli depuis 21 ans, après avoir quitté Strasbourg pour réaliser mon rêve de chanteur. Je retrouve mon âme d’enfant et je me sens toujours plus Matthieu Tota que Matt Pokora quand je reviens ici. Tout le monde connaît mon attachement à ma ville, ma région, où j’ai été honoré d’être récompensé et reconnu pour tout ce travail accompli.

Publié le 10 oct. 2024