Economie

Daniel Bixel : notre économie a besoin de stabilité et d’équité

Le nouveau président de la CCI dévoile ses priorités : renforcer la proximité avec les entrepreneurs, repenser le modèle économique et relever les grands défis de 2026.

Publié le 9 janv.

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Daniel Bixel, Président de la CCI Alsace Eurométropole

Daniel Bixel, Président de la CCI Alsace Eurométropole

© Dorothée Parent

Vous avez été élu à la présidence de la CCI fin novembre. Quels sont vos projets ?

Je veux d’abord renforcer la présence et l’utilité de la CCI partout en Alsace, au plus près des entrepreneurs - dans les grandes agglomérations comme dans les territoires plus éloignés des centres urbains - en m’appuyant sur l’expertise de nos chefs d’entreprises élus, engagés au cœur de notre tissu économique.

Dans un contexte budgétaire incertain et exigeant, nous devons également repenser notre modèle : c’est le rôle du Comité Stratégique que je lancerai début 2026 pour fixer nos nouvelles priorités à cinq ans. Enfin, nous consoliderons nos domaines d’impact - en particulier la formation, l’appui à industrie et l’accompagnement des acteurs de l’économie de proximité - pour aider chaque entreprise à avancer.

Les dirigeants d’entreprises évoluent dans un contexte incertain. Comment faire face ?

Oui, l’instabilité semble être devenue la règle : succession de crises budgétaires et politiques, règlementation qui change sans cesse, tensions internationales… Comment investir, recruter ou innover sans visibilité? Les entreprises ont besoin de stabilité, et c’est la responsabilité des décideurs politiques, en France comme à l’international, de la garantir.

À la CCI, nous défendons cette exigence et nous accompagnons surtout très concrètement et au quotidien les dirigeants dans leurs projets, en faisant preuve de clarté là où il en manque. Les entrepreneurs n’ont pas peur du risque, mais ils ont besoin de repères fiables.

Quels grands enjeux pour notre économie en ce début d’année ?

L’accélération de la décarbonation de nos activités et l’intégration de l’IA sont des défis importants pour tous les secteurs d’activités. Mais il y a trois autres enjeux qui me semblent majeurs. D’abord, la formation. Nous devons préserver la dynamique de l’apprentissage qui apporte aux entreprises les compétences dont elles manquent cruellement. Pourtant, les mesures proposées dans le projet de loi de finances pour 2026 s’attaquent aux revenus des apprentis. Je le déplore, c’est contre-productif. Deuxième enjeu  : la transmission d’entreprises.

Une vague inédite de cessions se profile comme l’a révélé une étude récente réalisée par « Bpifrance Le Lab » en partenariat avec CCI France : 40 % des dirigeants comptent transmettre leur entreprise dans les cinq prochaines années. Nous allons renforcer notre capacité d’accompagnement pour éviter que des emplois et des savoir-faire disparaissent.

Enfin, le commerce de proximité, tout juste sorti de la période d’activité intense des semaines festives, subit de plein fouet la concurrence des plateformes en ligne. Il est temps de réguler ces géants et, à minima, de leur imposer le même cadre fiscal et réglementaire que celui qui s’applique à nos commerçants. Notre économie a besoin de compétences, d’équité et de continuité.

En ce début d’année 2026, je vous adresse chaleureusement, à toutes et à tous, mes meilleurs vœux de réussite dans vos entreprises.