Édito

Donner de l’air à nos entreprises, préserver les moyens d’agir des CCI

Daniel Bixel alerte sur le projet de loi de finances 2026 : un risque pour la transmission d’entreprises et l’apprentissage. Découvrez pourquoi les CCI doivent être préservées.

Publié le 21 nov. 2025

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Daniel Bixel : Président par intérim de la CCI Alsace Eurométropole

Daniel Bixel : Président par intérim de la CCI Alsace Eurométropole

© Dorothée Parent

Le projet de loi de finances pour 2026 inquiète beaucoup les entreprises. Pourquoi ?

Parce qu’il menace directement leur liberté d’entreprendre et leur capacité à transmettre, à recruter. Les discussions en cours portent sur la suppression ou la réduction de plusieurs dispositifs essentiels comme le Pacte Dutreil pour la transmission d’entreprises et les aides ou exonérations en faveur de l’apprentissage. Or, la transmission est un enjeu vital pour préserver nos savoir-faire et nos emplois ; l’apprentissage en est un autre pour former les compétences dont les entreprises ont besoin. Ces dispositifs ne sont pas des privilèges : ils sont les fondations de notre économie réelle.

Ce projet de loi menace aussi les Chambres de Commerce et d’Industrie. En quoi est-ce préoccupant ?

Sa rédaction initiale prévoyait une réduction brutale d’un tiers de nos ressources publiques, -2,6 millions d’euros pour la seule CCI Alsace Eurométropole. Une telle coupe budgétaire serait dévastatrice : elle provoquerait la suppression de 3 000 emplois au sein de notre réseau, remettrait en cause notre présence territoriale et anéantirait notre capacité à accompagner les entreprises. L’État s’était pourtant engagé sur une trajectoire budgétaire pluriannuelle du réseau des CCI jusqu’en 2027.

Cet engagement doit être tenu, au nom de la confiance et de la cohérence économique. Nos parlementaires l’ont bien compris en prenant la défense des CCI et je les en remercie. Les CCI contribuent depuis des années à l’effort budgétaire national  : nos ressources fiscales ont diminué de 66% depuis 2013 - soit plus de 800 millions d’euros - et nos effectifs sont passés de 25 000 à 14 000 collaborateurs. À titre de comparaison, si l’État réalisait 2 % d’économies, cela représenterait 33 milliards d’euros !

Pourquoi est-il essentiel de préserver les moyens des CCI ?

Parce que les CCI sont le dernier réseau d’appui aux TPE-PME et le 1er formateur après l’Éducation nationale. En Alsace, nous formons chaque année 9000 personnes dont 1750 jeunes apprentis. Nous accompagnons 4000 créateurs d’entreprises, 2000 cédants et repreneurs, 6000 entreprises dans leurs transitions : décarbonation, intelligence artificielle, réindustrialisation, nouvelles mobilités…

Derrière ces chiffres, il y a des entrepreneurs, des salariés, des jeunes qui font vivre nos territoires. Réduire les moyens des CCI, c’est affaiblir les entreprises au moment où elles ont le plus besoin de soutien. Arrêtons de créer des contraintes supplémentaires.

Notre économie a besoin d’air, de confiance et de stabilité pour investir, innover et former. C’est ce message que nous portons collectivement auprès des pouvoirs publics.