Embauche : bonnes pratiques

Accueillir un nouveau salarié : quand la sécurité devient un levier de performance et d’attractivité

Un webinaire organisé par la CCI Alsace Eurométropole et la Carsat Alsace-Moselle révèle comment transformer l’accueil des nouveaux embauchés en opportunité stratégique pour l’entreprise.

Publié le 31 janv.

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Un accueil réussi n’est pas seulement une obligation légale : c’est un investissement pour la sécurité, la motivation et l’image de l’entreprise

Un accueil réussi n’est pas seulement une obligation légale : c’est un investissement pour la sécurité, la motivation et l’image de l’entreprise

©Adobe Stock

Lors d’une Matinée de la prévention co-organisée par la CCI Alsace Eurométropole et la Carsat Alsace-Moselle, Fabienne Cironneau, conseillère d’entreprises à la CCI, et Michel Bridot, chef de projet formation à la Carsat Alsace-Moselle, ont partagé leur expertise sur un sujet souvent sous-estimé : l’accueil des nouveaux embauchés. Entre données choc, retours d’expérience et solutions concrètes, ce webinaire a démontré que bien accueillir, c’est bien plus qu’une formalité administrative – c’est un levier de performance, de fidélisation et de responsabilité sociale.

Pourquoi les nouveaux embauchés sont-ils plus exposés aux risques ?

Michel Bridot : « Les jeunes de moins de 25 ans ont un pic énorme en termes d’indice de fréquence d’accidents. Ils sont 2 fois plus accidentés que l’ensemble des salariés. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas forcément les compétences et les connaissances des risques. Ils découvrent les risques, et parfois, ils ne sont pas formés tout de suite dès leur arrivée. Il y a aussi le facteur précaire : CDD, intérim, passage d’une entreprise à l’autre… Ils sont en permanence en découverte d’un nouvel environnement, de nouveaux risques. »

« Et puis, il y a le sentiment d’invincibilité. Les jeunes pensent qu’ils sont en très bonne santé, qu’il ne peut rien leur arriver. Parfois, prendre des risques est même valorisant. Par exemple, dans certains métiers, on dit : "Si tu n’as pas un ou deux doigts en moins, ce n’est pas un bon menuisier." Ces vieilles croyances sont difficiles à combattre. »

« Les nouveaux, tous âges confondus, sont aussi 2 fois plus accidentés que ceux qui ont plus d’un an d’ancienneté. Souvent, l’accueil sécurité se fait trop tard, alors que la personne est déjà sur le poste de travail. »

Un accueil réussi : un investissement pour l’entreprise

Michel Bridot : « Un bon accueil, c’est d’abord une question d’image. Ça donne une impression de sérieux, d’organisation, d’éthique. Quand un nouveau arrive et qu’on lui montre que l’entreprise accorde de l’importance à la santé-sécurité, ça change tout. Si on lui dit : "Pour nous, la santé-sécurité, c’est primordial. Si tu ne mets pas tes équipements, c’est dehors", c’est très différent de lui donner juste les EPI en disant : "Fais attention, il y a des trucs qui coupent." »

« Ensuite, il y a la réduction des accidents. Les accidents ont un coût direct, mais surtout un coût indirect, souvent 3 fois supérieur. Un accident, c’est une absence, un recrutement, une formation, une baisse de qualité… Et puis, il y a l’impact sur la motivation. Si une équipe voit que le management ne bouge pas sur la sécurité, la démotivation s’installe. Les meilleurs candidats iront vers les entreprises qui font attention à leurs équipes. »

Comment bien accueillir ? La démarche TutoPrév’ en pratique

Fabienne Cironneau : « Monsieur Bridot va vous présenter la démarche TutoPrév’, un outil pour aider à l’accueil en santé et sécurité au travail. »

Michel Bridot : « TutoPrév’ Accueil, c’est une collection d’outils pour les entreprises. On y trouve des planches illustrant des situations de travail, avec des risques à repérer. Le nouveau pointe ce qu’il voit, et le tuteur discute avec lui : "Qu’est-ce que tu ferais pour éviter ce risque ?" Ça permet de vérifier ses connaissances et de créer un parcours d’intégration adapté. »

« Par exemple, dans une boulangerie, on montre une planche avec de la farine par terre. Le nouveau dit : "On passe un coup de balai." Le tuteur répond : "Non, ça met la farine en suspension. On utilise un aspirateur." C’est comme ça qu’on forme les bons réflexes. »

« L’outil est libre de droit. Vous pouvez le télécharger sur le site de l’INRS ou commander des exemplaires papier. L’important, c’est de ne pas improviser : préparer l’accueil, désigner un référent compétent, et prendre le temps d’aborder les risques spécifiques au poste. »

Un message fort pour les dirigeants

Fabienne Cironneau : « Bien accueillir, c’est montrer que l’humain compte. Les jeunes générations ne cherchent pas seulement un salaire, mais une qualité de vie au travail, une entreprise éthique. Un bon accueil, c’est un salarié en sécurité, motivé, et fidèle. »

Michel Bridot : « La bonne nouvelle, c’est qu’une étude de l’INRS montre que les jeunes formés avant d’arriver en entreprise ont 2 fois moins d’accidents. Alors, formons-les, accompagnons-les, et faisons de l’accueil un moment clé pour la sécurité et la performance. »

Pour aller plus loin :

Un accueil réussi, c’est un salarié en sécurité, une équipe motivée, et une entreprise attractive.
Fabienne Cironneau