Jacques Witkowski : Préfet de la région Grand Est, Préfet du Bas-Rhin

Jacques Witkowski
―Droits réservésVous avez pris vos fonctions en novembre dernier. Quel a été votre parcours jusqu’à votre arrivée à la tête de la Préfecture de la Région Grand Est ?
Servir l’État en tant que Préfet, c’est mettre en oeuvre les politiques publiques face aux grands enjeux des territoires. Avant d’arriver dans le Grand Est, j’ai notamment exercé mes fonctions dans le département de Seine-Saint-Denis. Elles m’ont conduit à aborder les questions de densité urbaine, de redéploiement des transports publics ou encore d’aménagement urbain à travers le vaste chantier du Grand Paris. Sans oublier la préparation des Jeux Olympiques Paris 2024 et les défis logistiques vertigineux que cet événement hors normes impliquait.
Quels sont pour vous les grands enjeux de l’économie alsacienne ?
La réindustrialisation et l’attractivité sont plus que jamais des axes majeurs de la politique de l’État. Et l’Alsace, du fait de sa position unique au cœur de l’Europe et de la richesse de son tissu industriel, incarne cette ambition. Son attractivité ne cesse de se renforcer, comme en témoignent les implantations de sociétés à capitaux étrangers et les projets des entreprises locales. Je pense notamment à Hager qui a inauguré récemment un nouveau laboratoire d’essais à Obernai. Cela tient aussi au niveau de compétences et à la qualité de la formation dans notre région. C’est un facteur clé d’attractivité. Mais l’Alsace doit aussi composer avec un manque de foncier disponible qui pénalise son économie. Notre responsabilité est d’intégrer ces défis dans les politiques publiques en soutenant notamment la reconversion des friches industrielles.
Comment comptez-vous contribuer à l’attractivité de l’Alsace et de ses entreprises ?
Nous nous inscrivons dans l’excellente dynamique partenariale entre les acteurs publics - État, Région, collectivités, chambres consulaires - qui permet de soutenir les entreprises qui se créent, se développent ou se restructurent. Mon objectif est de consolider cet écosystème favorable aux entreprises autour de trois valeurs : lisibilité de nos outils, réactivité dans les décisions, proximité avec les dirigeants. Aux côtés des acteurs économiques, quels que soient leur statut et leur taille, l’État est régulateur, facilitateur et protecteur. Pour répondre à cette triple ambition, nous déployons des outils qui nous positionnent sur de nombreux fronts, de la réindustrialisation verte aux filières innovantes. Les plus emblématiques sont le Plan France 2030, le programme « Territoires d’industrie » ou encore le Fonds Vert et le crédit d’impôt qui aident nos entreprises à s’engager dans la transition technologique et écologique.
Nous déployons des outils qui nous positionnent sur de nombreux fronts, de la réindustrialisation verte aux filières innovantes.
Les aides aux entreprises représentent un investissement majeur de l’État. Quelle est votre analyse ?
Je défends l’idée d’un État proactif, porteur de solutions pour les entreprises avec un alignement des politiques publiques sur les priorités des dirigeants. Regardez ce que nous faisons dans le cadre de la stratégie nationale de neutralité carbone. Nous accélérons l’instruction des appels à projets du Fonds Vert pour pousser les énergies décarbonées, verdir les process des entreprises, encourager la production renouvelable de chaleur. Nous allons poursuivre et amplifier ce travail en renforçant l’approche partenariale qui associe les services de l’État, ses opérateurs comme la CCI et les collectivités.