Opportunité R&D : entreprises, profitez de l'excellence scientifique du Rhin Supérieur
Le projet européen KTUR², piloté par l’Université de Strasbourg, vise à offrir aux entreprises du périmètre du Rhin Supérieur (Alsace, Bade Wurtemberg Ouest, Sud de la Rhénanie, Suisse du Nord Ouest) un accès rapide et ciblé aux expertises et infrastructures scientifiques des laboratoires publics de leur territoire. Un groupe de travail KTUR² accompagne les entreprises pour identifier les partenaires scientifiques les plus adaptés à leurs profils et besoins R&D. Objectif : simplifier, faciliter et accélérer les projets innovants des entreprises, à des conditions attractives et sécurisées. Entretien avec Antoine Parmentier, animateur du groupe KTUR² « Besoins R&D des entreprises ».
Publié le 10 déc. 2025 | Mis à jour le 4 févr. Lecture 3 min.
Le groupe de travail trinational "Accès aux ressources R&D et aux infrastructures" du Consortium KTUR
―©DRLe Point Éco : Vous animez l’équipe KTUR² "Besoins R&D des entreprises". Quel est sonobjectif et quels outils avez-vous développés ?
Antoine Parmentier : Le constat de départ est simple : le Rhin Supérieur dispose d'une concentration unique de chercheurs et de laboratoires d'excellence, mais les entreprises, notamment les PME et ETI, peinent souvent à identifier la bonne expertise scientifique pour résoudre leurs problématiques et enjeux technologiques, a fortiori au-delà de la frontière du Rhin.
Les ponts entreprises-recherche académique sont pourtant déjà forts dans la zone frontalière franco-germano-suisse. Notre mission est donc de les déployer au-delà des frontières. Ainsi par exemple, une entreprise alsacienne ayant un besoin technologique ou un problème technique à résoudre pourra trouver un partenaire scientifique en Allemagne ou en Suisse si aucun laboratoire public alsacien n’est en mesure de répondre à ce besoin (pour des raisons thématiques, de disponibilité des chercheurs, etc). Nous avons donc élaboré une méthodologie simple et des outils de contact qui permettent de lier précisément un besoin R&D exprimé par une entreprise – qu'il s'agisse de nouveaux matériaux, de digitalisation ou de procédés durables par exemple – à une compétence scientifique dans le périmètre transfrontalier, donc à proximité.
Le Point Éco : Concrètement, quelle est la valeur ajoutée pour une entreprise alsacienne de vous contacter ?
Antoine Parmentier : Nous lui trouvons le bon partenaire scientifique pour accélérer ses projets de R&D, que ce soit en Alsace, dans le Bade-Wurtemberg ou dans le canton de Bâle !
Les bénéfices sont doubles. L'entreprise accède d’une part à des ressources scientifiques et technologiques de pointe (équipements, plateaux techniques,, expertise scientifique,…) qu'elle n’a pas en interne, lui permettant de dérisquer son innovation à moindre coût. Cela lui permet d’autre part de s’insérer dans un écosystème transfrontalier particulièrement dynamique. Une PME locale peut ainsi se retrouver à collaborer avec un institut de recherche de Karlsruhe ou de Bâle, ouvrant des perspectives de marchés ou de financements européens qu'elle n'avait pas envisagées. Participer à cette démarche, c'est élargir son réseau à des partenaires de recherche de qualité et de proximité
Le Point Éco : Si une entreprise a un projet dormant ou un blocage technique, quel est le mode d’emploi pour accéder à cet accompagnement ?
Antoine Parmentier : Le processus est conçu pour être fluide et sécurisé, en quatre étapes :
1. L'Entrée : L'entreprise nous contacte via par exemple la CCI
2. Le Diagnostic (Confidentialité) : les acteurs universitaires travaillent en toute confidentialité et échangent avec l’entreprise pour préciser et valider son besoin R&D. Nous réalisons ensuite un audit rapide pour qualifier le besoin scientifique réel. Avant toute chose, nous signons un accord de confidentialité (NDA). L'entreprise reste ainsi maître de ses données.
3. Le Matchmaking : Nous identifions les laboratoires académiques pertinents, d’abord en Alsace, et si nécessaire, en fonction du besoin, dans le réseau KTUR², et les présentons à l’entreprise, qui sélectionne celui ou ceux avec qui elle souhaite poursuivre les échanges .
4. Le contrat : L’entreprise échange ensuite directement avec le laboratoire de recherche, sans aucune obligation ni coût préalable.
Le Laboratoire émet alors une proposition d’intervention (prestations de services, collaboration de recherche etc…). Si celle-ci ne convient pas, l’entreprise peut arrêter le processus. Si elle convient, l’acteur de référence (Université, Hochschule, Institut…) propose un accord de confidentialité et facilite la mise en place de la collaboration (contrat de recherche, thèse CIFRE, prestation, etc.).
Pour en savoir plus :

