Industrie du cinéma

Bureau des images Grand Est : l’Alsace, ses paysages, ses villages… et ses plateaux de tournage

Le Bureau des images fait du cinéma un véritable levier économique pour l’Alsace. Longtemps perçue comme un simple enjeu culturel, la production audiovisuelle est aujourd’hui un outil stratégique au service de l’attractivité, de l’emploi et du développement des territoires.

Publié à 2h15

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L’équipe de « César Wagner » en plein tournage en Alsace, territoire au cœur de la série policière diffusée sur France 2

L’équipe de « César Wagner » en plein tournage en Alsace, territoire au cœur de la série policière diffusée sur France 2

©DR

STRASBOURG
Un tournage, c’est une PME qui s’installe temporairement sur un territoire. Derrière les caméras, c’est toute une économie qui s’anime, portée par un écosystème qui mobilise équipes de tournage, sociétés de production, artisans, mais aussi hôteliers, restaurateurs, transporteurs et collectivités locales. C’est une industrie nomade qui génère des retombées immédiates pour les régions capables de séduire les producteurs et d'accueillir leurs projets.

Des effets immédiats sur l’économie locale

Installé à Sélestat et dirigé par Johann Gretke, le Bureau des images Grand Est joue un rôle majeur dans la stratégie régionale visant à attirer films, séries et documentaires en Alsace et plus largement dans le Grand Est, avec des antennes à Nancy et Reims. Née en 2023 de la fusion du pôle cinéma de l’Agence culturelle Grand Est et de la direction de la filière images de Grand E-Nov+, la structure accompagne les productions audiovisuelles à chaque étape, du repérage des lieux de tournage à l’organisation logistique, en passant par la mise en relation avec les professionnels locaux et la coordination avec les collectivités. « Avec environ 6 millions d’euros investis dans l’industrie de l’image, nous estimons les retombées économiques à près de 20 millions d’euros pour le Grand Est. C’est un effet levier extrêmement fort pour l’économie locale », affirme Martine Lizola, conseillère régionale du Grand Est et présidente de la commission Culture et mémoire. Environ 800 journées de tournage ont été recensées dans le Grand Est en 2025, dont près d’un quart en zones rurales. L’Alsace concentre à elle seule 326 journées de tournage, soit 41 % de l’activité régionale, devant la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Ces tournages produisent des effets immédiats sur l’économie locale. Ils mobilisent des dizaines, parfois des centaines de personnes pendant plusieurs semaines, avec à la clé des besoins en hébergement, restauration, transport, sécurité, prestataires techniques et figurants. Ils contribuent également à valoriser l’image d’un territoire, à renforcer son attractivité touristique et installent durablement certaines villes ou paysages dans l’imaginaire collectif. Strasbourg, Colmar ou encore le massif vosgien deviennent ainsi des décors identifiables pour les productions françaises et internationales.

Structurer durablement une filière

« Nous ne voulons pas seulement accueillir des films quelques semaines par an. Nous souhaitons structurer durablement une filière capable de créer des emplois, des compétences et de l’innovation ici en Alsace et dans tout le Grand Est », précise Martine Lizola. Car si la région attire de plus en plus de tournages, c’est aussi grâce à une politique publique volontariste. Chaque année, la Région Grand Est consacre près de 450 000 euros au développement de l’audiovisuel, notamment à travers les missions du Bureau des images dont l’objectif est de faire du Grand Est une destination de référence pour les productions cinématographiques et audiovisuelles. Dans cette perspective, elle concentre son action autour de quatre axes stratégiques : la jeunesse et l’éducation à l’image, l’accompagnement des auteurs, réalisateurs et créateurs, la structuration de la filière et l’écoresponsabilité des tournages.

Les palmarès en témoignent

« Nous avons vocation à accompagner toute la chaîne de valeur : de l’écriture à la post-production, en fédérant auteurs, producteurs, techniciens, studios et prestataires locaux, poursuit la conseillère régionale. Notre ambition est claire : faire de la région, une terre de tournages et de création reconnue. » Le Bureau des images apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple service d’accueil des tournages. Il s'impose aujourd'hui comme un levier de développement économique et culturel majeur pour faire du Grand Est une place forte de l'audiovisuel, capable de rivaliser avec les régions les plus attractives du secteur, comme les Hauts-de-France ou le Sud de la France. Les effets de cette stratégie sont visibles à l'écran. Avec des séries comme « César Wagner » et « Face à face », tournées à Strasbourg, mais aussi plusieurs films et documentaires primés dans les grands festivals, la région gagne en visibilité et en crédibilité auprès des producteurs et diffuseurs. Les palmarès en témoignent. Lors de la cérémonie des César 2026, trois films ont été distingués. « Dossier 137 » de Dominik Moll a valu à Léa Drucker le César de la meilleure actrice, tandis que Nadia Melliti a été sacrée meilleur espoir féminin pour « La Petite Dernière » de Hafsia Herzi. Le documentaire « Le Chant des forêts » du photographe animalier et réalisateur vosgien Vincent Munier a, quant à lui, remporté les César du meilleur film documentaire et du meilleur son. Après les César, le Grand Est a également brillé sur la Croisette. Deux longs métrages tournés sur son territoire figuraient en sélection officielle de Cannes 2026 : « L’Espèce explosive » de Sarah Arnold, présenté à la Quinzaine des cinéastes, et « Du fioul dans les artères » de Pierre Le Gall (tourné en partie en Alsace), retenu à la Semaine de la Critique et dans la sélection de la Queer Palm. Ces succès confirment la montée en puissance du Grand Est dans le paysage cinématographique français et européen. « Nous bénéficions de décors naturels et urbains extrêmement variés. Notre objectif est de faire de cet atout un levier de croissance pour le territoire », conclut Martine Lizola. Pour l'Alsace, la volonté est désormais de transformer l’essor des tournages en un moteur durable de développement économique, capable de générer des retombées bien au-delà des plateaux de cinéma.

Bureau des images Grand Est
1 route de Marckolsheim à Sélestat
03 88 58 87 57

tournagesgrandest.fr