Usages IA

Ces entreprises qui sont passées à l’IA

Gestion, automatisation, maintenance, analyse, suivi commercial... L’intelligence artificielle est partout dans les logiciels, les organisations et les process, avec la promesse de gains de productivité et de valeur. Les entreprises sont passées de l’expérimentation au déploiement. Derrière l’innovation technologique, c’est aussi une réflexion sur la gouvernance, l’éthique et la formation qui s’impose pour faire de l’IA un levier durable de transformation.

Publié à 5h08

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Image générée par IA

Et si 2026 était l’année de la maturité de l’IA en entreprise ? Il est vrai que les outils n’ont jamais été aussi nombreux entre ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini ou encore Mistral AI et leurs usages ne cessent de se diversifier. « C’est totalement concret et on distingue trois grandes familles d’usages, confirme Ugo Bertoncini, dirigeant de Sillage.ai, une société qui accompagne les entreprises dans leur démarche IA. D’abord, les assistants intelligents qui épaulent un service client ou une équipe marketing dans leurs tâches du quotidien. Ensuite, les automatisations pour décharger les équipes de tout ce qui est répétitif et à faible valeur ajoutée. Et enfin, les outils sur mesure comme les tableaux de bord, les logiciels de gestion CRM et ERP augmentés par l’IA. Notre rôle est de guider les entreprises dans le choix et la maîtrise de ces outils par l’audit, la formation et le développement de solutions sur mesure. C’est de l’IA management. Car une IA se gère comme une nouvelle recrue. On la choisit, on la briefe et on apprend à communiquer avec elle. On l’intègre au bon endroit dans les process, on la présente aux équipes et on la pilote. Ce n’est pas un logiciel qu’on installe, mais une ressource à manager dans la durée. C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que nous travaillons avec la CCI et CCI Campus autour d’un parcours certifiant IA avec deux maîtres-mots : éclairer et dédramatiser. »

Une dynamique est enclenchée autour des usages. En témoigne Aldes, un groupe industriel français implanté à Strasbourg, spécialisé dans la qualité de l’air intérieur, le confort thermique et la ventilation. « Pour nous, l’IA n’est ni une contrainte, ni un effet de mode, mais une réponse concrète à des enjeux opérationnels, décrit Pascal Lozovoy, directeur des systèmes d’information du groupe.

Des gains mesurables

Nous avons articulé notre démarche autour de l’identification de cas d’usage à forte valeur, de phases d’expérimentation, puis d’industrialisation progressive. Un prérequis essentiel est la qualité et la structuration de nos données. Sans données fiables, exploitables et bien gouvernées, les usages IA ne créent pas de valeur durable. Cette approche nous permet de nous concentrer sur des sujets concrets, avec des gains mesurables et immédiatement utiles pour les équipes. » Les applications IA chez Aldes sont multiples : traitement automatisé de documents, aide à la génération de devis et de propositions

Alain Goudey, expert en intelligence artificielle, au festival du digital Bizz & Buzz 2025, organisé par la CCI. La prochaine édition se tiendra du 13 au 15 octobre 2026 dans toute l’Alsace.

Alain Goudey, expert en intelligence artificielle, au festival du digital Bizz & Buzz 2025, organisé par la CCI. La prochaine édition se tiendra du 13 au 15 octobre 2026 dans toute l’Alsace.

© Dorothée Parent

Décider avant d’intégrer

Dans son dernier ouvrage « iA MANiA » paru aux Éditions Vuibert, l’auteur conférencier Mick Levy alerte sur un paradoxe : l’intelligence artificielle se déploie aujourd’hui très rapidement dans les entreprises, mais souvent sans véritable stratégie collective. Une majorité de PME restent au stade d’usages ponctuels sans refonte profonde de leurs processus. C’est précisément ce décalage que soulève le consultant Christophe Picou, fondateur de VEIA.AI. Le point essentiel, selon lui, est la façon dont l’IA est intégrée.

« Les équipes l’utilisent au quotidien, souvent avant que le dirigeant n’ait tranché quoi que ce soit. L’usage précède la décision. Cela crée un phénomène massif de « shadow IA » : des usages isolés, non pilotés, sans cadre clair. Le problème n’est pas seulement le risque de fuites de données ou les questions de conformité RGPD. C’est surtout que l'IA utilisée ainsi ne produit pas de valeur collective pour l’entreprise. Car la valeur ne tient jamais à l’outil, mais à ce que le dirigeant décide d’en faire, à ce qu’il garde, ce qu’il délègue à la machine et aux conditions qu’il impose. Décider avant d’intégrer. C’est ce qui distingue l’entreprise qui subit ses outils de celle qui les met au service de ce qu’elle est. » La priorité n’est donc pas la technologie, mais l’organisation. Car à mesure que l’offre en IA s’enrichit, les entreprises doivent arbitrer entre performance, sécurité, coût et simplicité d’utilisation. La clé, c’est une approche méthodique pour une adoption réussie de l’IA.

Des résultats immédiats

À Mulhouse, sur le site KMØ, l’Aiguillage en a fait son cœur de métier. « Notre méthode part toujours des usages réels du terrain, explique César Allievi, directeur opérationnel de l’Aiguillage. On sensibilise dirigeants et collaborateurs, on identifie les cas d’usage et on prototype rapidement pour tester en conditions réelles. Grâce à notre infrastructure locale, capable de traiter des données en toute sécurité, et aux compétences des écoles KMØ, nous opérons une véritable transmission de savoir-faire IA. Notre objectif est de concevoir des solutions opérationnelles, des briques automatisées ou des processus entièrement pilotés par l’IA. Concrètement, on s’attaque à des irritants réels : accélérer la réponse commerciale, exploiter des rapports techniques éparpillés ou des notes de terrain par métiers, retrouver l’info utile dans des bases de données ou capter un savoir-faire avant un départ en retraite. Les résultats sont immédiats : du temps récupéré, des décisions mieux outillées, des compétences qui montent en interne. » En quelques mois, l’intelligence artificielle s’est infiltrée dans le quotidien des entreprises qui ont compris tous les avantages d’une IA maîtrisée et structurée en termes de performance, de transformation et de responsabilité.

En chiffres

40% En un an, le taux d’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises françaises est passé de 33 à 40 %. Plus de 28 % des entreprises mobilisent l’IA pour le marketing et les ventes et près de 33 % pour l’automatisation, l’assistance et la prise de décision.
Source : Institut Montaigne

COUP DE BOOST SUR L’IA

En un an, le taux d’adoption de l’intelligence artificielle par les entreprises françaises est passé de 33 à 40 %. Plus de 28 % des entreprises mobilisent l’IA pour le marketing et les ventes et près de 33 % pour l’automatisation, l’assistance et la prise de décision. Le Hub Européen d’Innovation Digitale du Grand Est a pour but de faciliter l’accès des entreprises à l’IA et à la cybersécurité. Il s’inscrit dans les parcours de transformation de la Région Grand Est avec financement européen. « Avec ce dispositif, notre objectif est notamment d'évaluer la maturité digitale de 300 entreprises sur trois ans, assure Michel Fagot, responsable du Pôle Mutation Digitale de la CCI Alsace Eurométropole. Nous proposons d'autres prestations d'accompagnement à l'IA et allons publier un manifeste sur l’IA pour en faire un levier de compétitivité et d’innovation pour les entreprises. »

Contact : Michel Fagot • 06 82 74 81 65 • m.fagot@alsace.cci.fr