Biocapsule®,l’énergie « low tech »
Dans quelques semaines, Clément Carrato, fondateur d'Arkeale, inaugurera chez un maraîcher de Colmar sa première Biocapsule® : une microstation d’énergie alimentée par des biodéchets. Sa promesse ? Produire de du gaz décarboné à faibles coûts.
Publié le 7 nov. 2025 | Mis à jour le 1er févr. Lecture 3 min.
Les déchets organiques issus du maraichage sont ingérés par la station, qui les transforme en gaz méthane, produisant ainsi électricité et chaleur.
―@« Le principe repose sur la micro-méthanisation. Les déchets organiques sont ingérés par la station, qui les transforme en gaz méthane, produisant ainsi électricité et chaleur. Chez Éric et Caroline Mercier, maraîchers bio à Colmar, leurs résidus et invendus serviront à couvrir 40 % de leurs besoins en énergie : chauffage d’une champignonnière, électricité pour les chambres froides, chargement de batteries. Le digestat, résidu du process, servira d’engrais », explique Clément Carrato. Ingénieur en génie mécanique passionné de nature, il a d’abord travaillé dans de grands groupes industriels internationaux et dans une start-up suédoise. Mais après sept années, il ressent la nécessité de donner du sens à son travail. « J’avais besoin de savoir pourquoi je me levais le matin », confie-t-il. Il décide alors de mettre ses compétences au service d’une conviction : sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Son idée ? La Biocapsule® : une station compacte qui produit de l’énergie localement à partir de déchets organiques, sans générer de nuisances sonores ou olfactives.
Retour sur investissement en 4 à 5 ans
L’amour le conduit à Strasbourg en 2020, où il découvre aussi un écosystème propice au développement de son projet. En 2022, sa Biocapsule® séduit Initiative Strasbourg, Initiative Grand Est et la BPI, qui lui accordent chacun un prêt d’honneur de 20 000 euros. Ce soutien financier décisif lui permet de financer un prototype à l’échelle 1/20ème et de le tester chez un maraîcher de l’îlot de la Meinau à Strasbourg. Après quelques ajustements, le concept est validé et peut être développé au format réel. Particulièrement adaptée aux collectivités de 7 000 à 8000 habitants, aux usines agroalimentaires, marchés de gros, cuisines centrales et hypermarchés, la Biocapsule® nécessite une alimentation d’au moins 200 tonnes de biodéchets par an pour être rentable. Elle s’amortit en 4 à 5 ans, avec une durée de vie garantie d’au moins 20 ans. « Le coût du mégawattheure produit ne dépasse pas 50 euros, contre environ 80 euros sur le marché du ga », souligne Clément, insistant sur la stabilité du prix.
Une usine à Strasbourg en 2027
Déjà, une collectivité luxembourgeoise, un marché de gros et un industriel de l’agroalimentaire s’intéressent de près à son innovation, qui pourrait leur permettre d’assurer leur autonomie énergétique. Après l'inauguration de la première Biocapsule® de Colmar, Clément Carrato est confiant dans l’avenir de son entreprise et envisage la construction d’une unité de fabrication de dans l’Eurométropole de Strasbourg. « Nous prévoyons d’en produire d'en produire trois l'année prochaine, et jusqu'à dix unités en 2028 », annonce-t-il. Participer à la réduction des émissions de CO2, tout en dynamisant l’économie locale , voilà deux bonnes raisons de se lever le matin !


