Start-up

Superbranche : la médecine version nano

Et si les cancers du cerveau pouvaient être traités sans chimiothérapie ? C'est le pari de Superbranche, une deeptech alsacienne qui mise sur des nanoparticules magnétiques pour repérer et éliminer les cellules tumorales.

Publié le 5 oct. | Mis à jour à 7h46

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Les nanoparticules développées par Superbranche sont capables à la fois de diagnostiquer et de traiter les cellules cancéreuses.

Les nanoparticules développées par Superbranche sont capables à la fois de diagnostiquer et de traiter les cellules cancéreuses.

―©DR

STRASBOURG

Issue des laboratoires de recherche du CNRS et de l'Université de Strasbourg, Superbranche fait partie de ces jeunes pousses qui ambitionnent de transformer en profondeur la médecine de demain. Fondée en 2019 par la chercheuse Delphine Felder-Flesch, directrice de recherche au CNRS, elle développe des nanoparticules d'oxyde de fer SUPERSPIO® capables d’identifier les cellules cancéreuses, de les cibler et de les traiter de manière précise et rapide. Une approche dite « théranostique », qui associe diagnostic et thérapie au sein d'une même technologie. « C'est une sorte de médicament deux en un qui permet, avec une seule injection, de diagnostiquer le cancer, puis de le traiter de manière ciblée », explique Delphine Felder-Flesch. Cette innovation de rupture pourrait transformer la prise en charge de la maladie, en offrant une alternative à la chimiothérapie, et ouvrir de nouvelles perspectives en matière de diagnostic précoce et de traitement personnalisé. « Notre ambition est d'apporter aux patients des traitements sur mesure, à la fois plus précis, moins invasifs et mieux tolérés que les approches thérapeutiques actuelles », poursuit-elle. Son procédé s'appuie sur l'hyperthermie magnétique. Les nanoparticules SUPERSPIO® possèdent des propriétés superparamagnétiques qui leur permettent, sous l'effet d'un champ magnétique externe, de générer de la chaleur au sein des cellules tumorales ciblées. Cette élévation localisée de température détruit les cellules malades, tout en préservant les tissus sains environnants.

Industrialiser son procédé au grade pharmaceutique

Administrées par voie sanguine, les nanoparticules peuvent atteindre des cellules cancéreuses ou des métastases localisées dans des zones difficilement accessibles, notamment dans le cas des cancers du cerveau. Au-delà du défi scientifique, Superbranche doit désormais franchir une étape décisive : industrialiser son procédé au grade pharmaceutique. Après avoir validé sa technologie en laboratoire, la start-up s'apprête à ouvrir à Sélestat une usine pilote dédiée à la production de ces nanoparticules. Cette unité permettra de les fabriquer selon les standards pharmaceutiques requis par l'industrie de la santé. Véritable passerelle entre le laboratoire et l'hôpital, le site produira les premiers lots destinés aux essais cliniques chez l'homme, prévus à l'horizon 2028. Une étape essentielle vers la mise sur le marché de futurs traitements et un jalon stratégique pour cette deeptech alsacienne, qui ambitionne de devenir l'un des acteurs de référence de la nanomédecine en Europe.

Superbranche
8 allée Gaspard Monge à Strasbourg
03 68 85 52 32
superbranche.com