Grand Est : une économie à trois vitesses entre repli industriel et dynamisme des services
Présenté le 10 février dernier par Valérie Bour, adjointe au directeur régional de la Banque de France Grand Est, le bilan économique 2025 et les perspectives 2026 reposent sur une enquête menée auprès de 1 943 entreprises de la région Grand Est. Réalisée entre novembre et janvier, elle couvre l’industrie, les services marchands et la construction. Les entreprises de plus de 20 salariés ont été interrogées sur leur activité, leurs effectifs, leur rentabilité et leurs investissements.
Publié le 16 févr. Lecture 3 min.
Indicateurs d'évolution de la conjoncture économique en Grand Est
―Banque de France Grand Est2025 : une année difficile pour l’industrie et la construction
En 2025, l’économie régionale a évolué de manière hétérogène. Dans l’industrie, le volume produit recule pour la troisième année consécutive. Le chiffre d’affaires affiche une baisse de 1,4 % en 2025. Plusieurs branches structurantes de la région sont touchées, notamment l’automobile, la métallurgie et les boissons. L’ensemble des autres produits industriels est également en repli.
L’emploi intérimaire demeure la principale variable d’ajustement, à l’exception notable du secteur automobile.
L’investissement industriel est en retrait, signe d’une prudence persistante face aux incertitudes conjoncturelles.
La construction traverse, elle aussi, une nouvelle année difficile. L’activité recule de 2,7 % en 2025, affectée par la faiblesse des carnets de commandes. Le gros œuvre tire particulièrement la branche vers le bas, notamment en raison du recul de la construction de maisons individuelles et des travaux de montage de structures métalliques.
Les services marchands, pilier de la résilience régionale
À contre-courant, les services marchands affichent une quasi-stabilité en 2025 (+0,1 %), avec de fortes disparités internes. Le secteur de l’information et de la communication repart très nettement à la hausse. Les sociétés de services se distinguent par leur dynamisme et tirent l’emploi à la hausse.
Contrairement à l’industrie et à la construction, le secteur maintient un courant d’affaires stable, assorti de recrutements. Les investissements, en revanche, marquent le pas.
2026 : des perspectives contrastées
Pour 2026, les chefs d’entreprise affichent un optimisme mesuré. L’industrie espère une progression limitée de son chiffre d’affaires (+0,6 %). Une amélioration qui resterait toutefois insuffisante pour compenser les pertes d’activité enregistrées en 2025.
Les budgets d’investissement demeurent orientés à la baisse et la situation de la main-d’œuvre industrielle continue de se détériorer.
Les services marchands devraient confirmer leur rôle moteur, avec une hausse attendue de l’activité de 2,6 % en 2026. Cette progression s’accompagnerait d’une augmentation ciblée des ressources humaines, même si les investissements restent prudents.
La construction, en revanche, ne voit pas d’éclaircie à court terme. L’activité est attendue en recul de 2,9 % en 2026. Les mises en chantier devraient continuer à diminuer, entraînant une contraction des effectifs et des investissements. Les carnets de commandes restent jugés insuffisants et peinent à se regarnir.
Une économie régionale à trois vitesses
Au total, le Grand Est aborde 2026 avec une économie à trois vitesses :
une industrie en phase de stabilisation fragile,
des services marchands en croissance modérée mais solide,
une construction durablement sous pression.
Dans ce contexte, la capacité des entreprises à investir et à maintenir l’emploi constituera un indicateur clé pour mesurer la solidité de la reprise. Si le rebond attendu reste modeste, il confirme néanmoins une volonté de résilience dans un environnement encore incertain.
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