Moins d’élan, mais toujours des atouts : l’économie alsacienne aborde 2026 avec prudence
C’est le principal enseignement du baromètre de conjoncture présenté par la CCI Alsace Eurométropole le 10 février dernier. Dans un environnement international instable et à l’approche des municipales, les dirigeants expriment une confiance mesurée et une vigilance accrue sur l’investissement.
Publié le 16 févr. Lecture 3 min.
Un moral en recul, un investissement en pause
L’économie alsacienne ne décroche pas, mais elle ralentit. Selon le baromètre 2026, réalisé auprès de 1 000 dirigeants de TPE/PME en janvier, le taux de satisfaction globale tombe à 38 %, contre 52 % en 2019.
Dans le même temps, la part des chefs d’entreprise qui redoutent une dégradation de leur situation progresse de 34 % à 38 % en un an.
Le signal le plus préoccupant reste l’investissement : seules 17 % des entreprises prévoient d’investir en 2026. Un niveau jugé insuffisant pour maintenir la compétitivité du territoire, alors même que l’Alsace a concentré plus de 2,5 milliards d’euros d’investissements en 2025, soit plus de la moitié des projets du Grand Est.
Une économie à plusieurs vitesses selon les secteurs
Dans l’industrie, pilier régional (17 % des entreprises, 21 % des salariés), les inquiétudes montent : 56 % des industriels se disent insatisfaits de leur capacité à investir, contre 37 % l’an dernier. Les carnets de commandes se contractent et 31 % anticipent une dégradation de leur environnement en 2026.
Le bâtiment, qui représente 8 % des effectifs salariés et 10 000 entreprises, connaît un léger rebond grâce à la baisse des taux d'intérêt, mais reste prudent sur l’emploi et les nouveaux projets.
Le commerce (33 % des entreprises) affiche une stabilité fragile : seuls 32 % des dirigeants sont satisfaits de leur chiffre d’affaires, 42 % constatent une baisse de rentabilité et un sur deux juge sa trésorerie insuffisante.
Les services, qui regroupent 50 % des entreprises et 43 % des salariés, résistent mieux, portés par le numérique, l’IA et l’hôtellerie-restauration, même si certaines activités liées à l’industrie ralentissent.
Résumé des indicateurs du baromètre de conjoncture du second semestre 2025
―CCI Alsace EurométropoleUn territoire dépendant mais stratégique en Europe
L’Alsace ne peut être analysée isolément. Son économie est étroitement liée à l’Allemagne, confrontée à des mutations industrielles et énergétiques majeures. Cette interdépendance crée des tensions, notamment pour les sous-traitants industriels, mais elle reste un atout.
Les dizaines de milliers de travailleurs frontaliers soutiennent la consommation locale et 95 projets d’investissements étrangers ont choisi l’Alsace l’an dernier, attirés par sa position de carrefour européen. Avec 586 000 salariés dans le secteur marchand et 93 % d’entreprises de moins de 10 salariés, le tissu économique local demeure dense, agile et capable d’adaptation.
Municipales 2026 : les entreprises attendent un cap clair
À six semaines des élections municipales, le message des dirigeants est direct : seul un tiers a eu un contact avec son maire durant le mandat, et ces échanges sont rarement proactifs.
Pour la prochaine mandature, les priorités sont identifiées : simplification administrative (48 %), soutien au commerce et à l’attractivité (33 %), mobilité (24 %) et sécurité des sites (20 %).
L’enjeu est clair : recréer les conditions de confiance pour relancer l’investissement. Car si l’Alsace a démontré sa capacité à résister aux crises, 2026 devra être l’année où cette résilience se transforme en véritable dynamique de croissance.
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